Un procureur de Corée du Sud a requis mardi la peine de mort à l'encontre de l'ancien président du pays Yoon Suk Yeol, accusé d'insurrection pour avoir brièvement instauré la loi martiale en décembre 2024.
Yoon Suk Yeol est accusé d'avoir orchestré une insurrection. Ce crime est passible d'une peine sévère en vertu de la législation sud-coréenne, pouvant aller jusqu'à la peine de mort, bien que la Corée du Sud n'ait pas exécuté de condamné à mort depuis des décennies.
Lors de son réquisitoire devant le tribunal du district central de Séoul, un procureur a déclaré que les enquêteurs avaient confirmé l'existence d'un plan, prétendument dirigé par Yoon Suk Yeol et son ancien ministre de la Défense Kim Yong-hyun, remontant à octobre 2023 et visant à maintenir Yoon Suk Yeol au pouvoir.
"Yoon (...) prétend avoir adopté la loi martiale d'urgence pour protéger la démocratie libérale, mais sa loi martiale d'urgence inconstitutionnelle et illégale a sapé la fonction de l'Assemblée nationale et de la Commission électorale (...) détruisant en fait l'ordre constitutionnel démocratique libéral", a déclaré le procureur lors de ses plaidoiries finales.
"L'accusé n'a pas sincèrement regretté son crime (...) et n'a pas présenté d'excuses appropriées au peuple", a-t-il ajouté.
Yoon Suk Yeol, âgé de 65 ans, a nié les accusations. L'ex-président sud-coréen a soutenu que la déclaration de la loi martiale relevait de ses pouvoirs en tant que président et que cette action visait à tirer la sonnette d'alarme face à l'obstruction du gouvernement par les partis d'opposition.
Le tribunal du district central de Séoul devrait se prononcer sur cette affaire en février. La peine requise par les procureurs n'est pas toujours confirmée par les tribunaux sud-coréens.
Le cabinet du président Lee Jae Myung, élu après l'éviction de Yoon Suk Yeol l'année dernière, a déclaré dans un communiqué croire que "le pouvoir judiciaire statuera conformément à la loi, aux principes et aux normes publiques".
En 1995-1996, lorsque les anciens présidents sud-coréens Chun Doo-hwan et Roh Tae-woo ont été accusés d'insurrection, les procureurs ont requis la peine de mort pour le premier et la prison à vie pour le second.
Le tribunal de première instance a prononcé la peine de mort pour Chun Doo-hwan et une peine d'emprisonnement de 22 ans et demi pour Roh Tae-woo, avant qu'une cour d'appel ne revoie la sentence à la prison à vie pour Chun et à une peine d'emprisonnement de 17 ans pour Roh. Tous deux ont bénéficié d'une grâce présidentielle après avoir passé environ deux ans en prison.
La Corée du Sud a prononcé sa dernière condamnation à mort en 2016, mais n'a procédé à aucune exécution depuis 1997.
(Rédigé par Joyce Lee et Shim Kyu-seok ; version française Coralie Lamarque ; édité par)

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